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Armel Tognihou Djénontin vous informe de la soutenance de sa thèse qui se fera 11 juin 2011 à Cotonou.

 

Thème : Stratégies de gestion de la résistance aux insecticides des vecteurs du paludisme et impact opérationnel en Afrique de l’Ouest

 

 

Jury composé de :

 

Isabelle GLITHO, Professeur Titulaire, Université de Lomé, Togo (Présidente)

Martin AKOGBÉTO, Professeur Titulaire, Université d'Abomey-Calavi, Bénin (Directeur de Thèse)

Ousmane FAYE, Professeur Tituliaire, Université Cheikh Anta Diop, Sénégal (Rapporteur)

Patrick EDORH, Maître de Conférences, Université d'Abomey-Calavi, Bénin (Rapporteur)

Vincent CORBEL, Chargé de Recherche, HDR, IRD, Bénin (Rapporteur)

Karim DRAMANE, Professeur Titulaire, Université d’Abomey-Calavi, Bénin (Examinateur)

Fabrice CHANDRE, Co-Directeur de Thèse, Chargé de Recherche, IRD, France (Examinateur)

Date : 11 juin 2011

Heure : 09 heures

Lieu : Amphi théâtre de l’ISBA, Champ de foire, Cotonou

RESUMÉ

 

Introduction

Face à la résistance aux insecticides des vecteurs, les combinaisons de produits insecticides résiduels à l’intérieur des habitations peuvent être une solution pour une meilleure efficacité de la lutte antivectorielle contre le paludisme. Ces combinaisons visent à interrompre la transmission et à ralentir l’évolution de la résistance aux insecticides chez les vecteurs. Dans la présente étude, des recherches sur des stratégies de gestion de la résistance aux pyréthrinoïdes des vecteurs du paludisme combinant les moustiquaires imprégnées de deltaméthrine à longue durée d’action (MILD) et le bendiocarb en aspersion intradomiciliaire (PID) ou en imprégnation de bâches murales (BI) ont été menées.

Matériel et méthodes

Dans un premier temps au laboratoire, il a été évalué l’efficacité et la résistance aux lavages de 4 différents supports imprégnés de bendiocarb. L’efficacité de la MILD seule ou en combinaison avec la PID ou la BI a été ensuite évaluée en cases expérimentales. Enfin, l’impact sur la transmission du paludisme, l’infection et la maladie palustre chez les enfants de moins de 5 ans, et sur la résistance des vecteurs de ces combinaisons a été évalué à travers un essai contrôlé randomisé dans 28 villages au sud du Bénin (population d’environ 14 000 personnes) où la résistance des vecteurs aux pyréthrinoïdes est modérée. Quatre stratégies de lutte antivectorielle ont été mises en place :

i) une couverture sélective en MILD des enfants de 0 à 5 ans selon les recommandations du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) (bras PNLP, témoin) ;

ii) une couverture universelle en MILD (bras MILD) ;

iii) une combinaison de la couverture universelle en MILD avec des bâches murales régulièrement imprégnées tous les 4 mois de bendiocarb à la dose de 200 mg/m² ; les doses recommandées par l’OMS pour l’application du bendiocarb en aspersion intradomiciliaire étant 100 à 400 mg/m² (bras MILD + BI) ;

iv) une combinaison de la couverture sélective en MILD avec la PID annuelle de bendiocarb à la dose de 400 mg/m² (bras PID).

Résultats

i) Au laboratoire, le polypropylène a été le meilleur support en termes de résistance aux lavages avec une mortalité de 100% de la souche sensible de Anopheles gambiae Kisumu au bout de 10 lavages.

ii) En cases expérimentales, les résultats ont montré le bénéfice de combiner deux classes d’insecticides (pyréthrinoïde, carbamate) à travers des méthodes de lutte antivectorielle différentes (moustiquaires imprégnées, pulvérisation intradomiciliaire, bâche imprégnée) notamment dans un contexte de résistance des vecteurs à la fois aux pyréthrinoïdes, carbamates (et organophosphorés).

iii) Par contre, l’essai contrôlé randomisé n’a pas montré de bénéfice en termes de réduction de la transmission du paludisme, de l’infection et de la maladie palustre chez les enfants de moins de 5 ans de l’utilisation de telles combinaisons.

iv) En ce qui concerne la gestion de la résistance, quel que soit le traitement, la fréquence allélique de la mutation kdr a augmenté au cours des 18 mois d’étude (de 29% à 84% en moyenne). Toutefois, cette fréquence allélique a été significativement plus faible en fin d’étude dans le traitement MILD+BI (72%) que dans les 3 autres traitements (>86%).

v) Le taux de couverture des MILD a été satisfaisant (75%), mais le taux d’utilisation (46%) était bien inferieur au seuil fixé dans l’étude (70%).

Discussion et Conclusion

Les résultats de l’essai contrôlé randomisé peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs comme des facteurs anthropo-sociologiques (perception et utilisation des traitements), opérationnels (effet résiduel du bendiocarb, couverture des bâches), biologiques (comportement des vecteurs) et épidémiologiques (faible niveau de transmission dans la zone d’étude).

Il mériterait maintenant de confirmer ou d'infirmer les résultats de cette stratégie dans un autre faciès entomologique (transmission et résistance de vecteurs) et épidémiologique afin de démontrer l'intérêt des ces combinaisons à l'échelle opérationnelle.

 

Mots clés : paludisme, Anopheles gambiae, gestion de la résistance, combinaison.