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Marcel SANDEU a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse qui se déroulera le jeudi 15 Décembre à 14h00 dans la salle Badiane à Agropolis (en face du centre IRD de Montpellier).

Complexité génétique de Plasmodium falciparum et évaluation de l’anticorps anti-APN1 comme vaccin bloquant la transmission chez Anopheles coluzzii au centre du Cameroun

 

Université de Montpellier, école doctorale Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé, spécialité Entomologie médicale/Parasitologie.

 

Résumé : Les interventions de lutte contre le paludisme, comme la distribution massive de moustiquaires imprégnées et les polythérapies à base d’artémisinine, ont permis depuis les années 2000 de réduire le nombre de décès d’environ 60% au plan mondial, avec de grandes disparités d’un pays à l’autre. Si certains pays sont entrés en phase d’élimination, d’autres, et particulièrement en Afrique sub-Saharienne, doivent encore contrôler la maladie. La mise au point d’un vaccin contre le paludisme reste l’une des voies prioritaires pour la lutte contre la maladie. Parmi les différents candidats vaccins, les vaccins visant à bloquer la transmission chez le moustique vecteur connaissent un intérêt croissant. Dans ce travail de thèse, j’ai évalué l’efficacité d’anticorps anti-AnAPN1 à bloquer la transmission d’isolats naturels de Plasmodium falciparum chez An. coluzzii. L’aminopeptidase 1 est une protéine qui tapisse l’épithélium intestinal du moustique et qui servirait de récepteur aux ookinètes. Nous avons réalisé des essais d’infections expérimentales sur la plateforme d’entomologie de l’OCEAC à Yaoundé. Les anticorps anti-AnAPN1, 4H5B7, ont montré une activité bloquante dose-dépendante et l’inhibition de la transmission varie selon le donneur de gamétocytes. Nous avons alors modélisé les différents paramètres qui pouvaient moduler l’efficacité de l’anticorps et nous avons montré que la multiplicité de l’infection du donneur avait un effet significatif. Nous avons ensuite étudié la dynamique de transmission des génotypes de P. falciparum sous pression d’anticorps à des doses non bloquantes afin d’identifier les génotypes qui ne sont pas sensibles à l’anticorps. Le traitement réduit la diversité génétique de la population de parasites mais nous n’avons pas observé de sélection de génotypes particuliers de P. falciparum suite à l’exposition des moustiques aux anticorps anti-AnAPN1. Les analyses de génétique des populations ont révélé une corrélation positive entre le FIS et la multiplicité d’infection, les gamètes de P. falciparum tendent à s’apparier entre génotypes apparentés dans les populations de forte complexité génétique. Les résultats de ce travail soulignent l’importance de la diversité génétique de la population de gamétocytes pour la transmission chez le moustique vecteur.

 

Mots clés : Plasmodium falciparum, Anopheles gambiae, anticorps anti-APN1, multiplicité de l’infection, modélisation, diversité génétique, Cameroun

 

Membres du jury :
M. Louis LAMBRECHTS, CR, CNRS-Paris Rapporteur
Mme. Sarah BONNET, DR, INRA, Maisons-Alfort Rapporteur
M. Thierry DE MEEÛS, DR, IRD-Montpellier Examinateur
Mme. Carole EBOUMBOU, CC, Université - Douala Examinatrice
Mme. Dorothée MISSE, CR, IRD - Montpellier Examinatrice
Mme. Isabelle MORLAIS, DR, IRD-MIVEGEC Directrice de thèse

 

Marlène DUPRAZ a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse qui se déroulera le 15 décembre 2016 à 14h00 en salles 151 et 161 à l'IRD de Montpellier. Le sujet concerne,

Convergence dans l’évolution de la spécialisation d’hôte chez des tiques : modèle tiques-oiseaux de mers à distribution mondiale

 

Les interactions intimes et répétées entre hôtes et parasites peuvent engendrer la spécialisation d’un parasite à son hôte, grâce à des adaptations comportementales, morphologiques et/ou génétiques, combinées avec un flux de gènes limité. C’est un processus clef car il participe à l’évolution de la biodiversité parasitaire et peut ainsi permettre de mieux comprendre l’émergence d’organismes pathogènes. Encore peu étudié, une spécialisation d’hôte a néanmoins été démontrée lors de précédentes études chez deux espèces de tiques nidicoles : chez Ixodes uriae une tique dure, parasite des oiseaux marins coloniaux en zone arctique, et dans un complexe de tiques molles Ornithodoros capensis sensu lato, parasitant aussi de nombreuses espèces d’oiseaux marins, mais cette fois-ci en zones tempérées et tropicales. Ces espèces sont vectrices d’une grande diversité d’agents pathogènes incluant des virus, des bactéries et des protozoaires. Cependant, les facteurs impliqués dans le phénomène de spécialisation d’hôte restent inconnus. Dans ce cadre, le but de ma thèse était donc de déterminer 1) si l’évolution des divergences en fonction des hôtes est toujours accompagnée par les mêmes changements phénotypiques et 2) si ces changements pourraient permettre d’identifier les facteurs de sélection sous-jacents. Dans ce contexte, des campagnes d’échantillonnage de tiques ont été menées durant la période de reproduction des hôtes oiseaux dans les différentes zones de leur répartition et nous avons réalisé des analyses morphométriques, basées sur l’utilisation de landmarks et de contours sur chaque individu tique et des analyses phylogénétiques et génétiques des populations sur les mêmes individus. L’ensemble de ces résultats suggère la présence de convergences morphologiques au sein de ces systèmes et souligne un rôle de la sélection dans ce processus de divergence. En effet, les caractéristiques écologiques des hôtes mais aussi le micro-habitat exercent des pressions sélectives importantes dans ces deux systèmes pouvant être à l’origine de la divergence observée entre les populations. De plus, les caractéristiques biologiques de chaque espèce de tiques, telle que la capacité de dispersion, entrent également en jeu et peuvent fortement modifier l’épidémiologie des agents infectieux dont elles sont vectrices.

Mots clés : Argasidae, écologie de la transmission, évolution convergente, interactions hôte-parasite, Ixodidae, oiseaux marins.


Composition du jury :
Elena Gómez-Diaz, CR, EBD-CSIC, Séville, Espagne
Vincent Debat, MC, MNHN, Paris, France
Johan Michaux, Professeur, Université de Liège, Belgique
Laurence Vial, CR, CIRAD, Montferrier-le-lez, France
Dale Clayton, Professeur, Université de l’Utah, USA
Karen McCoy, DR2, CNRS, Montpellier, France

 

 

 

Abel Biguezoton soutiendra sa thèse intitulée

Invasion biologique & écologie de la santé vétérinaire : Le cas des communautés de tiques et pathogènes associés au Bénin et au Burkina Faso à l’heure de leur invasion par la tique du bétail Rhipicephalus (Boophilus) microplus

 

le mercredi 16 mars à partir de 14h30 à l’amphithéâtre de l'IRD à Montpellier.

 

Jury :
Mme Sarah Bonnet, DR INRA, UMR BIPAR Rapporteur
M. Olivier Plantard, DR INRA, UMR BIOEPAR Rapporteur
M. Guiguigbaza-Kossigan DAYO, CR CAMES, CIRDES Chercheur invité
M. Souaibou Farougou, Pr Université Abomey-Calavi Co-directeur
Mme Christine Chevillon, CR CNRS, UMR MIVEGEC Co-directrice

 

Résumé :

L’élevage bovin représente un secteur économique clé en Afrique de l’ouest dont le développement est fortement contraint par les tiques et les pathogènes qu’elles transmettent. Cet état des lieux s’est aggravé depuis 2002 du fait de l’invasion de cette région par l’espèce de tique associée aux plus fortes pertes économiques au niveau mondial : Rhipicephalus (Boophilus) microplus. Certains auteurs avaient même annoncé (sans véritablement le tester) que R. microplus était en train de remplacer les tiques natives du même sous-genre Boophilus au sud du Bénin et en Côte d’Ivoire. Nos travaux ont consisté à (i) tester les possibles effets de l’installation de R. microplus au Bénin et au Burkina Faso sur les communautés tant de tiques que des pathogènes qu’elles transmettent au bétail et (ii) à comprendre les mécanismes populationnels impliqués dans l’invasion de R. microplus en cours. Des collectes mensuelles de tiques et de sang ont été réalisées pendant 12 mois sur 144 vaches de ces deux pays. Nos analyses démontrent, que loin du remplacement d’espèces suspecté, l’installation de R. microplus s’est accompagnée d’une augmentation de la charge parasitaire réalisée par différentes espèces natives sur des bovins dans certaines régions. Le centre Burkina Faso fait exception : l’espèce invasive n’a pas réussi à s’installer dans cette région où les rares espèces natives ont vu leur abondance diminuer au cours de la dernière décennie. Les impacts de l’installation de l’espèce invasive sur les communautés de pathogènes transmis par les tiques du bétail font appel à des processus plus complexes. Ainsi, nous avons mis en évidence des interactions tantôt positives tantôt négatives entre les espèces de pathogènes transmis au bétail par les tiques du sous-genre Boophilus. Par ailleurs, nous avons mis en évidence l’existence de transmission transovarienne de l’agent de la cowdriose (Ehrlichia ruminantium) chez R. microplus qui n’était pas censé être compétente pour ce pathogène dont les vecteurs appartiennent au genre Amblyomma. Ces analyses des conséquences de l’installation de l’espèce de tique invasive sont compétées par une première étude de génétique des populations de R. microplus. Les échantillonnages se sont effectués le long d’un transect nord-sud au Bénin ainsi qu’au sein de deux troupeaux burkinabés conduits par des éleveurs Peulh pratiquant une transhumance saisonnière à longue distance en saison sèche. Ceci nous a permis de montrer que, huit ans après l’importation accidentelle de R. microplus au sud Bénin, les populations installées avaient atteint des équilibres mutation/dérive et migration/dérive et que la transhumance saisonnière s’accompagnait bien de dispersion à longue distance de R. microplus. Ces résultats sont discutés tant vis-à-vis de la compréhension de la nouvelle situation vétérinaire des troupeaux bovins béninois et burkinabés que dans une perspective de protection de la santé des troupeaux.

 

Mots clés : Rhipicephalus (Boophilus) microplus, invasion, interactions, génétique des populations, Afrique de l’ouest.