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Abel Biguezoton soutiendra sa thèse intitulée

Invasion biologique & écologie de la santé vétérinaire : Le cas des communautés de tiques et pathogènes associés au Bénin et au Burkina Faso à l’heure de leur invasion par la tique du bétail Rhipicephalus (Boophilus) microplus

 

le mercredi 16 mars à partir de 14h30 à l’amphithéâtre de l'IRD à Montpellier.

 

Jury :
Mme Sarah Bonnet, DR INRA, UMR BIPAR Rapporteur
M. Olivier Plantard, DR INRA, UMR BIOEPAR Rapporteur
M. Guiguigbaza-Kossigan DAYO, CR CAMES, CIRDES Chercheur invité
M. Souaibou Farougou, Pr Université Abomey-Calavi Co-directeur
Mme Christine Chevillon, CR CNRS, UMR MIVEGEC Co-directrice

 

Résumé :

L’élevage bovin représente un secteur économique clé en Afrique de l’ouest dont le développement est fortement contraint par les tiques et les pathogènes qu’elles transmettent. Cet état des lieux s’est aggravé depuis 2002 du fait de l’invasion de cette région par l’espèce de tique associée aux plus fortes pertes économiques au niveau mondial : Rhipicephalus (Boophilus) microplus. Certains auteurs avaient même annoncé (sans véritablement le tester) que R. microplus était en train de remplacer les tiques natives du même sous-genre Boophilus au sud du Bénin et en Côte d’Ivoire. Nos travaux ont consisté à (i) tester les possibles effets de l’installation de R. microplus au Bénin et au Burkina Faso sur les communautés tant de tiques que des pathogènes qu’elles transmettent au bétail et (ii) à comprendre les mécanismes populationnels impliqués dans l’invasion de R. microplus en cours. Des collectes mensuelles de tiques et de sang ont été réalisées pendant 12 mois sur 144 vaches de ces deux pays. Nos analyses démontrent, que loin du remplacement d’espèces suspecté, l’installation de R. microplus s’est accompagnée d’une augmentation de la charge parasitaire réalisée par différentes espèces natives sur des bovins dans certaines régions. Le centre Burkina Faso fait exception : l’espèce invasive n’a pas réussi à s’installer dans cette région où les rares espèces natives ont vu leur abondance diminuer au cours de la dernière décennie. Les impacts de l’installation de l’espèce invasive sur les communautés de pathogènes transmis par les tiques du bétail font appel à des processus plus complexes. Ainsi, nous avons mis en évidence des interactions tantôt positives tantôt négatives entre les espèces de pathogènes transmis au bétail par les tiques du sous-genre Boophilus. Par ailleurs, nous avons mis en évidence l’existence de transmission transovarienne de l’agent de la cowdriose (Ehrlichia ruminantium) chez R. microplus qui n’était pas censé être compétente pour ce pathogène dont les vecteurs appartiennent au genre Amblyomma. Ces analyses des conséquences de l’installation de l’espèce de tique invasive sont compétées par une première étude de génétique des populations de R. microplus. Les échantillonnages se sont effectués le long d’un transect nord-sud au Bénin ainsi qu’au sein de deux troupeaux burkinabés conduits par des éleveurs Peulh pratiquant une transhumance saisonnière à longue distance en saison sèche. Ceci nous a permis de montrer que, huit ans après l’importation accidentelle de R. microplus au sud Bénin, les populations installées avaient atteint des équilibres mutation/dérive et migration/dérive et que la transhumance saisonnière s’accompagnait bien de dispersion à longue distance de R. microplus. Ces résultats sont discutés tant vis-à-vis de la compréhension de la nouvelle situation vétérinaire des troupeaux bovins béninois et burkinabés que dans une perspective de protection de la santé des troupeaux.

 

Mots clés : Rhipicephalus (Boophilus) microplus, invasion, interactions, génétique des populations, Afrique de l’ouest.

 

Angelique PORCIANI a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse qui aura lieu le lundi 11 janvier 2016 à 09h00 à l’amphithéâtre des plantes de l’IRD (119 av agropolis 34094 Montpellier).

Elle présenterai ses travaux portant sur

Le comportement et l’olfaction d’Anopheles gambiae: interaction entre insecticide et mécanisme de résistance.

 

Résumé

Le paludisme est une maladie provoquée par un protozoaire du genre Plasmodium sp. qui est transmis lors de la piqure par des moustiques du genre Anopheles. Actuellement, le contrôle de la maladie repose essentiellement sur la lutte contre les vecteurs avec notamment l’utilisation d’insecticides en imprégnation sur les moustiquaires ou en aspersion sur les murs à l’intérieur des habitations. Dans certaines régions, l’efficacité des insecticides est menacée par des mécanismes de résistance aux insecticides qui se développent dans les populations de vecteurs. Alors, que les mécanismes de résistance physiologique font l’objet de nombreuses recherches et sont maintenant assez bien connus, les modifications comportementales qui peuvent également conférer ou participer à la résistance à ces outils de lutte sont encore très peu étudiées. L’objectif de cette thèse est donc d’apporter des éléments nouveaux pour la compréhension des interactions entre insecticides, mécanismes de résistance physiologique et comportement. Durant cette thèse, nous nous sommes concentrés sur les mutations de cible L1014F et G119S des gènes codant respectivement pour le canal sodium voltage dépendant et pour l’acétylcholinestérase conférant une résistance croisée aux pyréthrinoïdes et organochlorés pour la première et aux carbamates et organophosphorés pour la seconde. Nous avons étudié leur influence sur le comportement de recherche de l’hôte et le système olfactif périphérique en présence ou non d’insecticides. Nos résultats ont permis de mettre en évidence des interactions complexes entre les insecticides présents dans l’environnement et les gènes de résistance sur le système olfactif et sur le comportement. Ces informations sont cruciales pour l’étude de l’impact de ces interactions sur l’efficacité des stratégies mis en place pour lutter contre la transmission du paludisme.

 

Abstract

Malaria is caused by a protozoan belonging to the genus Plasmodium sp. transmitted to humans by Anopheles mosquitoes. Malaria control mainly relies on vector control strategies such as insecticide-treated bed nets or insecticide residual sprayings. In some areas, the effectiveness of insecticides is threatened by insecticide resistance mechanisms spreading in vector populations. Physiological resistance mechanisms have been deeply investigated whereas behavioural modulations conferring or involved in resistance have been overlooked. The objective of this thesis is to provide new insights to better understand the interactions between insecticide, physiological-resistance mechanisms and behaviour. In this thesis we focused on target-site mutations L1014F and G119S on genes respectively coding for voltage gated sodium channel and acetyl-cholinesterase conferring crossed resistance to organochlorides and pyrethroids for the former and crossed resistance to organophosphates and carbamates for the latter. We studied their impact on the host seeking behaviour and the peripheral olfactory system in the presence or absence of insecticides. Our results highlight the complex interactions between insecticides in environment and resistance mechanism on the olfactory system and on behaviour.  That could lead to a better resistance management and an improvement in the use of insecticides. This knowledge is essential in order to decipher with the impact of such interactions of the efficacy of vector control tools scaled up to fight against malaria.

 

Le jury sera composé de :

Mr Frédéric Marion-Poll, Professeur à AgroParisTech. Rapporteur
Mr Teun Dekker, Associate Professor, Swedish University of Agriculture (SLU). Rapporteur
Mr Bertrand Schatz, Directeur de recherche, CEFE. Examinateur
Mr Cédric Pennetier, Chargé de recherche, IRD. Examinateur
Mr Pierrick Labbé, Maitre de conférence, ISEM. Invité

Mme Anna Cohuet, Chargée de Recherche, IRD. Co-directrice de thèse
Mr Laurent Dormont, Maitre de Conférence, CEFE. Co-directeur de thèse

 

 

Romain PIGEAULT a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse qui aura lieu jeudi 17 Décembre 2015 à 10h00, dans l’amphithéâtre du Centre IRD, bâtiment des plantes, au 911 av d’Agropolis à Montpellier.


Il vous présentera ses travaux intitulés :

Ecologie évolutive des interactions Hôte/Moustique/Plasmodium : Sources d’hétérogénéité de l’infection des vecteurs

 

Résumé :

Les moustiques jouent un rôle essentiel dans la dynamique de transmission du paludisme. Plusieurs traits d’histoire de vie de ces insectes hématophages vont, en effet, intervenir dans le calcul du taux reproductif de base du parasite. Parmi eux, la probabilité et l’intensité d’infection des vecteurs, suite à la prise d’un repas de sang infectieux, sont des facteurs primordiaux pour la transmission de Plasmodium. Pourtant, au sein d'une population de moustiques infectés une grande variabilité a été observée: alors que certain ne sont pas infectés, que d'autres le sont faiblement, une partie des vecteurs vont présenter des intensités d'infection extrêmement fortes. Identifier les sources de variations responsables de cette hétérogénéité est indispensable pour comprendre la dynamique de transmission de Plasmodium. Certains paramètres d’origine génétique et environnementale, tels que la température et la nutrition, ont déjà clairement été identifiés comme ayant un impact sur le taux d’infection des moustiques. Néanmoins, de nombreux facteurs restent encore à explorer. En utilisant un système expérimental composé du parasite de la malaria aviaire Plasmodium relictum, de son vecteur naturelle le moustique Culex pipiens et de l’un de ses hôtes vertébrés Serinus canaria, nous nous sommes intéressés aux effets de certains de ces paramètres, peu pris en compte jusqu’à présent, sur l’infection des moustiques. Nous avons notamment pu mettre en évidence des conséquences importante de l’infection parentale, de l’âge des vecteurs, ainsi que de leur fond génétique. Parallèlement, nous nous sommes intéressés à un facteur souvent laissé de côté, l’effet « hôte vertébré » sur l’infection des moustiques. Dans cette dernière partie, on a pu observer que la dynamique d’infection du parasite au sein de l’hôte influence de manière importante le taux de transmission de Plasmodium. Les sources d’hétérogénéité d’infections des moustiques sont donc multiples et l’ensemble des membres de cette association tripartite hôte/parasite/vecteur vont pouvoir influencer de manière importante la dynamique de transmission du parasite.


Mots clés : malaria, moustique, hôte vertébré, âge, effet maternel, héritabilité, rythmicité, transmission

Le jury sera composé de :

Jacob Koella, Professeur à l’université de Neuchatel
Gabriele Sorci, Directeur de recherche à l’université de Bourgogne
Mathieu Sicard, Professeur à l’université de Montpellier
Natacha Kremer, Chargée de recherche à l’université de Lyon 1
Ana Rivero, Directeur de recherche, IRD Montpellier
Sylvain Gandon, Directeur de recherche, CEFE Montpellier

 

 

Solange MEYIN A EBONG a le plaisir de vous inviter à sa soutenance de thèse qui aura lieu le 21 décembre à 10H00, dans l’amphithéâtre du Centre IRD, bâtiment des plantes, au 911 av d’Agropolis à Montpellier.

 

Elle vous présenterai son travail intitulé:

Punaises aquatiques du Cameroun : Biodiversité,  Phylogéographie et Rôle dans l’écologie de Mycobacterium ulcerans, agent étiologique de l’ulcère de Buruli

 

Résumé:

Une des 17 maladies tropicales négligées déclarées par l’OMS, l’ulcère de Buruli constitue aujourd’hui un réel problème de santé publique en Afrique centrale et de l’Ouest où il sévit dans près de 30 pays. Cette maladie touchant principalement les populations des zones enclavées reste un mythe car l’on ne connaît pas aujourd’hui le mode de transmission exacte de la bactérie responsable, Mycobacterium ulcerans, à l’humain. Une meilleure connaissance de l’écologie de ce bacille constitue pourtant un levier important tant pour apporter des informations concernant sa transmission que pour lutter contre ce fléau.

Fortement soupçonnés de jouer un rôle d’hôtes ou de vecteur de M. ulcerans, certains taxons de punaises aquatiques semblent être prédisposés de par leur écologie ou leur comportement à héberger le bacille voire à le transmettre. Les travaux que nous présentons ici visent dans un premier temps à identifier sur des bases anatomiques complétées par des approches moléculaires les différents taxons de punaises aquatiques présents au Cameroun. Au-delà de proposer une clé d’identification d’espèces et une classification des punaises aquatiques du Cameroun reposant sur des séquences nucléotidiques, nous discutons du rôle important joué par l’écologie de certaines espèces de punaises dans la transmission de M. ulcerans. Les différentes approches comparatives et biostatistiques développées dans ce travail de thèse étayent l’hypothèse que certains taxons de punaises aquatiques, et notamment issus des familles Belostomatidae et Naucoridae, acquièrent la mycobactérie à partir de l’environnement en partageant des habitats (fréquentation de la végétation aquatique émergée) où le bacille prolifère, et en se nourrissant de proies, comme des mollusques ou de petits poissons, eux-mêmes contaminés par la bactérie. La capacité de vol chez les punaises aquatiques n’apparaît pas faciliter l’acquisition de M. ulcerans mais semble impliquée dans la dissémination de ce dernier en contaminant de nouveaux environnements. Au terme de cette thèse, nous discutons de l’écologie des communautés de punaises aquatiques et de leur macroécologie au Cameroun, et examinons l’importance de l’échantillonnage comme élément important de tout travail de recherche en écologie et évolution des maladies infectieuses.



Le jury sera composé de:
M. Thierry BOURGOIN Pr1, MNHN Paris (France) Rapporteur
M. Christophe THEBAUD Pr1, UPS Toulouse (France) Rapporteur
Mme Carine BROUAT CR1, IRD Montpellier (France) Examinateur
Mme Sara EYANGOH CL1, CPC Yaoundé (Cameroun) Examinateur
M. Philippe LE GALL CR1 IRD Paris-sud (France) Examinateur
M. Jean-François GUEGAN DRCE IRD Montpellier (France) Directeur
M. Flobert NJIOKOU Pr.UYI Yaoundé (Cameroun) Co-directeur
M. Albert SAME EKOBO Pr.UYI Yaoundé (Cameroun) Co-directeur (invite)


 

 

Manon LOUNNAS vous inviter à sa soutenance de thèse qui aura lieu vendredi le 11 Décembre 2015 à 14h00, dans l’amphithéâtre de l’IRD.

Elle présentera ses travaux de thèse intitulés

Diversité et invasions biologiques dans l’interaction grande douve du foie – Lymnaeidae : facteurs d’expansion de la fasciolose ?


Résumé :

La mondialisation et les changements globaux actuels ont un impact considérable sur la distribution des espèces et la composition des communautés. Lorsque ces espèces sont impliquées dans une interaction hôte-parasite les changements dans leur répartition peuvent entraîner la (ré)émergence de maladies infectieuses. La fasciolose, maladie causée par les grandes douves du foie (Fasciola hepatica et Fasciola gigantica) est réémergente dans de nombreux points du globe. Il est difficile de mettre en place des programmes de contrôle parce que (1) les hôtes intermédiaires, des mollusques d’eau douce de la famille des Lymnaeidae, sont composés d’un groupe d’espèces cryptiques difficilement identifiables et (2) plusieurs espèces impliquées dans cette maladie sont invasives. L’objectif de cette thèse était d’étudier les facteurs écologiques et évolutifs à large échelle de l’interaction entre la grande douve du foie et ses hôtes intermédiaires susceptibles de favoriser une (ré)émergence de la fasciolose. J’ai, dans un premier temps, développé des approches moléculaires pour reconnaître les espèces cryptiques tant du côté de la grande douve du foie que du côté des Lymnaeidae. L’utilisation d’une des techniques développées sur Galba schirazensis, Galba cubensis et Galba truncatula, trois espèces de limnées, m’a permis d’identifier leur distribution respective et de modéliser leur niches bioclimatiques grâce à l’utilisation de modèles de niches écologiques. Cette approche de modélisation de niches permet d’inférer la distribution potentielle des trois espèces et nous amène à discuter des avantages potentiels de ces modèles dans la gestion de la fasciolose. Dans un second temps, je me suis intéressée à la structuration de la diversité génétique chez des espèces invasives du système grande douve du foie-limnée, par des approches de génétique des populations et de phylogénie. J’ai pu retracer l’histoire de colonisation, les dynamiques démographiques et le système de reproduction chez P. columella, G. schirazensis et G. cubensis. J’ai montré que ces trois espèces font préférentiellement de l’autofécondation entraînant des pertes drastiques de diversité génétique sur le front d’invasion. G. cubensis présente cependant une coexistence de plusieurs génotypes dans les aires anciennement colonisées. Les différences génétiques entre ces trois espèces sont discutées à la lumière de ce qu’on sait de leur écologie. Enfin ces résultats m’ont permis de discuter de l’avantage de l’autofécondation en cas d’invasion biologique. Pour conclure, l’invasion par ces populations d’hôtes intermédiaires dépourvus de diversité génétique pourrait représenter un risque épidémiologique. En effet un parasite a plus de probabilité de circuler dans une population hôte clonale que dans une population polymorphe. Cette thèse fait le lien entre écologie, interactions hôtes-parasites et génétique de l’invasion afin de mieux comprendre les facteurs d’expansion de la fasciolose à échelle globale.

 

Mots-clés : Phylogéographie, génétique des populations, grande douve du foie, Lymnaeidae, invasions biologiques

 

Le jury sera composé de :
Mme Tine HUYSE, Directeur de Recherche, Royal Museum for Central Africa, Leuven, Rapporteur
Mme Karine VAN DONINCK, Professeur, Université de Namur, Rapporteur
Mme Pilar ALDA, Chargée de recherche, MIVEGEC et CONICET, Examinateur
Mr Rodolphe GOZLAN, Directeur de recherche, UMR BOREA, MNHN, Examinateur
Mr Patrice DAVID, Directeur de recherche, CEFE, Examinateur
Mme Sylvie HURTREZ-BOUSSES, Professeur, Université de Montpellier, Directrice de thèse