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Majoline TCHIOFFO TSAPI (unité MIVEGEC-UMR 224) soutiendra sa thèse le jeudi 19 décembre 2013, à 10h, dans l’amphithéâtre des plantes (centre IRD / Montpellier), devant le jury composé de :


M. Eric MAROIS, CR1, CNRS-Strasbourg                                         Rapporteur
Mme Sarah BONNET, CR1, INRA, Maisons-Alfort                             Rapporteur    
M. Benjamin A. NKOUM, Directeur ESS/UCAC, Yaoundé                 Examinateur
M. Damien DUBOIS, MCU-PH, Université de Toulouse III                 Examinateur
M. Henri VIAL, DR1, Université Montpellier 2                                     Examinateur
Mme Isabelle MORLAIS, CR1, IRD-MIVEGEC                                  Directrice de thèse               
M. Antoine BERRY, PU-PH, Université de Toulouse III                      Co-directeur de thèse



Interactions génomes*environnement dans le système vectoriel Anopheles gambiae / Plasmodium falciparum : rôle de la flore microbienne du moustique dans la modulation du développement de P. falciparum



Résumé :

Le parasite Plasmodium  falciparum, responsable des formes graves du paludisme chez l’homme, est transmis par Anopheles gambiae, son principal vecteur en Afrique sub-saharienne. Les nouvelles stratégies de lutte contre la maladie visent à  limiter ou à interrompre le développement du parasite chez le moustique vecteur, et il est donc nécessaire d’améliorer notre compréhension des interactions entre le vecteur, son environnement et le parasite. L’objectif de ce projet de thèse a été de caractériser la flore microbienne du vecteur An. gambiae en conditions naturelles de transmission, d’étudier le rôle des principales espèces bactériennes colonisant l’estomac du moustique sur le développement de P. falciparum et de mesurer l’influence des bactéries sur la réponse immunitaire des moustiques femelles et leur capacité à transmettre le parasite. Pour mener à bien ce projet, nous avons collecté des populations de moustiques sauvages au Cameroun pour la caractérisation de la flore microbienne, nous avons ensuite exposé des moustiques de la colonie de laboratoire Ngousso à des cultures bactériennes puis infecté ces moustiques avec des isolats naturels de P. falciparum. Notre étude a montré que les souches bactériennes naturelles de l’intestin du moustique Serratia, Pseudomonas et Escherichia réduisaient la prévalence et l’intensité de l’infection et que le degré d’inhibition variait selon les taxons bactériens et les porteurs de gamétocytes. L’analyse des flores bactériennes des différents épithéliums de l’insecte par pyroséquençage a révélé des similarités entre la flore intestinale et celles retrouvées dans les ovaires et les glandes salivaires pour un même moustique. Les analyses d’expression suggèrent que la régulation de l’expression des gènes l’immunité par les bactéries intestinales pourrait participer à la modulation de la réponse antiplasmodiale. Les mécanismes impliqués dans les interactions bactéries-Plasmodium-vecteur sont complexes et multifactorielle et la modélisation de l’ensemble des interactions qui permettent à P. falciparum d’accomplir son cycle chez le moustique vecteur sera nécessaire pour envisager de nouvelles méthodes de lutte efficaces et durables.

J’ai le plaisir de vous inviter à ma soutenance de thèse qui aura lieu le Jeudi 12 décembre 2013 à 9h30 dans l’amphithéâtre du bâtiment des plantes, au Centre IRD de Montpellier.

 

Je vous présenterai mon travail intitulé :

Structure de la communauté d’hôtes et évolution de la spécialisation chez la tique Ixodes ricinus

 

Résumé :

Le degré de spécialisation d’hôte des parasites peut considérablement modifier la nature des interactions interspécifiques. Lorsque les parasites sont également vecteurs, leur capacité d'adaptation et leur réponse aux changements dans la communauté d’hôtes aura des conséquences importantes sur la dynamique de leurs populations, mais aussi sur les microparasites qu'ils transmettent. Une première étape pour mieux appréhender l'importance de ce phénomène sur l'écologie et l'évolution des systèmes vectoriels est d'étudier la divergence génétique associée à l'hôte. Nous avons utilisé cette approche dans le système hôte-vecteur-pathogène impliquant la tique européenne Ixodes ricinus, ses différents hôtes vertébrés et les bactéries responsables de la maladie de Lyme (Borrelia burgdorferi sensu lato). Ce travail a notamment consisté à tester si les communautés les plus anciennes montraient des divergences associées à l’hôte plus importantes que celles récemment colonisées. Nous avons combiné des échantillonnages de terrain sur un transect européen (comprenant la distribution historique d’I. ricinus et des zones nouvellement colonisées) et des analyses moléculaires basés sur 14 marqueurs microsatellites (dont 9 nouvellement développés). Comme un obstacle majeur pour aborder la question de la spécificité d’hôte dans le système I. ricinus, ainsi que chez d’autres vecteurs, est de déterminer l'utilisation des hôtes, nous avons également testé expérimentalement les biais rencontrés lors de la détection moléculaire de l’hôte. Nos résultats révèlent un schéma complexe de l'adaptation des tiques à travers l’Europe ; la spécialisation d’hôte peut évoluer, mais l’âge de la communauté ne semble pas être un facteur décisif. Plus généralement, les résultats de cette thèse soulignent que l’écologie des vecteurs en eux-mêmes (et pas seulement les interactions hôtes-pathogènes) doit être considérée avec attention si on veut améliorer notre compréhension de ces systèmes.

 

Mots clés : Coévolution hôtes-parasites ; Spécialisation ; Tiques ; Ixodes ricinus ; Génétique des populations ; Epidémiologie

 

Abstract:

The degree of host specialization in parasites can greatly modify the nature of interspecific interactions. When parasites are also vectors, their ability to adapt to new hosts and their response to changes in the host community will have important consequences for both their population dynamics and evolution, but may also cascade down to the microparasites they transmit. A first step to better apprehend the importance of this phenomenon for the evolution and ecology of vector-borne disease systems is to study patterns of host-associated genetic divergence across diverse vector populations. We used this approach in the host-vector-pathogen system involving the European tick Ixodes ricinus, its various vertebrate hosts and the bacteria responsible for Lyme disease Borrelia burgdorferi sensu lato. We predicted that longer established interactions would show stronger patterns of host-associated divergence than more recently established ones. We tested this prediction by combining field samples from a European-wide transect (including both historical and newly colonized zones) and molecular analyses based on 14 microsatellite markers (9 newly developed). As a major obstacle for tackling the question of host associations in the I. ricinus system is determining local host use, we also experimentally tested for biases in molecular host detection. Our results reveal a complex pattern of tick adaptation across the European landscape; host specialization does evolve, but not in a predictable way in relation to the evolutionary age of the interaction. More generally, the results of this thesis highlight that vector ecology (and not just host-pathogen interactions) require careful consideration, if we are to improve our understanding of these systems.

 

Keywords: Host-parasite coevolution; Specialisation; Ticks; Ixodes ricinus; Population genetics; Epidemiology

 

 

Le jury sera composé de :

- Manuel Plantegenest (Rapporteur)

- Heinz Richner (Rapporteur)

- Thierry De Meeûs (Examinateur)

- Flavie Vanlerberghe (Examinatrice)

- Gwenaël Vourc’h (Examinatrice)

- Karen McCoy (Directrice de thèse)

 

Vous êtes tous invités au pot qui suivra en salle 161 (Centre IRD).

 

 

Vendredi 8 novembre à 14h30

Amphithéâtre du bâtiment des plantes de l'IRD

Dynamique et évolution des maladies infectieuses : Pourquoi les parasites nuisent-ils à leurs hôtes ?

 

Composition du jury :
- Dominique Pontier (Université de Lyon 1)
- Janis Antonovics (Université de Virginie), absent
- Jean-Baptiste Ferdy (Université de Toulouse 3)
- François Renaud (CNRS, Montpellier)
- Sam Brown (Université d'Edimbourg)
- Yannis Michalakis (CNRS, Montpellier)