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Massila Senghor

Soutiendra publiquement ses travaux de thèse intitulés

Eco-épidémiologie des phlébotomes dans le foyer de leishmaniose canine de la Communauté Rurale de Mont-Rolland, (Thiès, Sénégal) : le genre Sergentomyia, vecteur de Leishmania infantum


Soutenance prévue le lundi 31 octobre 2011 à 10h00
à l’Amphithéatre des plantes (IRD)

Jury

Mr le Professeur J-P. Dedet, CHU, Montpellier Examinateur
Mr le Professeur B. Pesson, Faculté de Pharmacie, Strasbourg Rapporteur
Mr le Docteur R. Charrel, Faculté de Médecine, Marseille Rapporteur
Mr le Docteur A. A. Niang, IFAN Ch. A. Diop, Dakar Examinateur
Mlle le Docteur A-L. Bañuls, IRD, Montpellier co-Directeur
Mr le Docteur T. De Meeûs, CNRS, Montpellier Directeur

Résumé :

La communauté Rurale de Mont-Rolland (région de Thiès, Sénégal) est un foyer endémique de leishmaniose canine décrit depuis 1970. Des études épidémiologiques récentes ont montré que l'agent étiologique est Leishmania (Leishmania) infantum et que le cycle de transmission est bien établi sur l’ensemble de la commune, avec plus de 30% des chiens et plus de 20% des hommes séropositifs. Néanmoins, malgréles différentes études épidémiologiques, le vecteur reste toujours inconnu. Jusqu'à présent, aucune espèce de Phlebotomus, connue pour être vecteur de L. infantum (sous genre Larroussius et secondairement Adlerius), n’a été identifiée au Sénégal. Dans ce contexte, l'objectif principal de cette thèse était d'identifier les vecteurs potentiels de la maladie et de caractériser le cycle de transmission de la leishmaniose canine par des études écologiques, parasitologiques et moléculaires des populations de phlébotomes. Ainsi, 7442 spécimens de phlébotomes ont été récoltés par piégeage adhésif, piégeagelumineux et par pulvérisations intradomiciliaires d'insecticides pyréthrinoïdes. Neuf espèces de phlébotomes ont été identifiées : deux appartiennent au genre Phlebotomus, P. duboscqi (vecteur de la leishmaniose cutanée au Sénégal) et P. rodhaini, les autres espèces appartiennent au genre Sergentomyia, S. adleri, S. clydei, S. antennata, S. buxtoni, S. dubia, S. schwetzi, et S. magna. La distribution spatiale des phlébotomes est hétérogène selon le village, selonl’écosystème et l’environnement de capture. Les études parasitologiques et les études moléculaires (PCR diagnostique de Leishmania) ont révélé trois espèces de Sergentomyia infectées par L. infantum, S. dubia (dissection et PCR), S. schwetzi (dissection et PCR) et S. magna (PCR). Il faut noter que plus de 2% des individus femelles à jeun testées étaient PCR positives, soulignant la survie des parasites chez ces espèces après la digestion. Toutes les autres espèces étaient négatives aussi bien en dissection qu’en PCR. Les analyses statistiques ont montré : que la distribution de S. dubia est significativement associée à la séroprévalence chez les chiens, que les individus de S. schwetzi positifs en PCR sont significativement associés à la séroprévalence chez le chien, qu’il y a un effet significatif du nombre de phlébotomes positifs en PCR (les 3 espèces confondues) sur la séroprévalence chez l’homme. Toutes ces données démontrent pour la première fois que 3 espèces du genre Sergentomyia, S. dubia, S. schwetzi et probablement S. magna, sont les vecteurs de la leishmaniose canine dans le foyer de Mont-Rolland. Ces résultats remettent en question le dogme qui stipule que seul le genre Phlebotomus serait capable de transmettre le parasite Leishmania dans l’Ancien-Monde. L’étude du comportement et de la distribution de ces trois espèces et de leurs spécimens infectés nous ont permis de proposer un modèle de transmission dans ce foyer.

 

Diversité et adaptation des parasites : Formation de races d’hôtes chez la tique Ixodes uriae

 

Muriel DIETRICH

 

le Jeudi 13 Octobre 2011 à 9h30 dans l’amphithéâtre du bâtiment des plantes, au Centre IRD de Montpellier.

Le jury sera composé de :

- Sara Magalhães (Rapporteur)

- Philippe Christe (Rapporteur)

- Flavie Vanlerberghe (Examinateur)

- Denis Bourguet (Examinateur)

- Gwenaël Vourc’h (Examinateur)

- Karen McCoy (Directrice de thèse)

 

Vous êtes également tous cordialement invités au pot qui suivra, en salle 161 (Centre IRD)

 

Résumé:

La spécialisation des parasites vis-à-vis de leur(s) hôte(s) et la formation de races d’hôtes sont des processus évolutifs clés dans le maintien et l’émergence de la diversité au sein des populations de parasites. Notre objectif était d’étudier ces processus chez Ixodes uriae, une tique d’oiseaux marins présentant une vaste distribution géographique et une large diversité d’hôtes, afin de mieux comprendre le rôle relatif des contraintes liées à l’hôte et aux facteurs géographiques dans l’évolution et la diversification de ce parasite. Cette question a été abordée à travers différentes approches réunissant des analyses de génétique des populations et de phylogéographie, des analyses morphologiques et une approche expérimentale sur le terrain. Les résultats obtenus montrent que le facteur spatial joue un rôle important dans la diversification d’I. uriae puisque quatre grands groupes géographiques génétiquement isolés ont été identifiés. L’évolution de races d’hôtes est également un processus récurrent de l’évolution d’I. uriae, même si la divergence entre races est plus ou moins marquée d’une région à l’autre. L’évolution des races semble impliquer une préférence d’hôte chez la tique ainsi que des contraintes adaptatives liées à l’hôte, de type mécanique ou physiologique (e.g., bec des oiseaux, digestion du sang, réponse immunitaire). L’ensemble des résultats est cohérent avec la notion d’évolution en mosaïque géographique qui prédit que les interactions entre espèces peuvent évoluer de manière différente dans un contexte spatial hétérogène ; ce qui souligne l’importance des caractéristiques écologiques des hôtes dans la diversification de la tique I. uriae. D’après nos résultats et ceux de différents collègues, la spécialisation d’hôte pourrait s’avérer être un processus commun chez les tiques et donc avoir de profondes implications épidémiologiques pour les pathogènes qu’elles transmettent.

 

Mots clés : interactions hôtes-parasites, adaptation, spécialisation, tiques, Ixodes uriae, génétique des populations, phylogéographie, morphologie.

 

 

Armel Tognihou Djénontin vous informe de la soutenance de sa thèse qui se fera 11 juin 2011 à Cotonou.

 

Thème : Stratégies de gestion de la résistance aux insecticides des vecteurs du paludisme et impact opérationnel en Afrique de l’Ouest

 

 

Jury composé de :

 

Isabelle GLITHO, Professeur Titulaire, Université de Lomé, Togo (Présidente)

Martin AKOGBÉTO, Professeur Titulaire, Université d'Abomey-Calavi, Bénin (Directeur de Thèse)

Ousmane FAYE, Professeur Tituliaire, Université Cheikh Anta Diop, Sénégal (Rapporteur)

Patrick EDORH, Maître de Conférences, Université d'Abomey-Calavi, Bénin (Rapporteur)

Vincent CORBEL, Chargé de Recherche, HDR, IRD, Bénin (Rapporteur)

Karim DRAMANE, Professeur Titulaire, Université d’Abomey-Calavi, Bénin (Examinateur)

Fabrice CHANDRE, Co-Directeur de Thèse, Chargé de Recherche, IRD, France (Examinateur)

Date : 11 juin 2011

Heure : 09 heures

Lieu : Amphi théâtre de l’ISBA, Champ de foire, Cotonou

RESUMÉ

 

Introduction

Face à la résistance aux insecticides des vecteurs, les combinaisons de produits insecticides résiduels à l’intérieur des habitations peuvent être une solution pour une meilleure efficacité de la lutte antivectorielle contre le paludisme. Ces combinaisons visent à interrompre la transmission et à ralentir l’évolution de la résistance aux insecticides chez les vecteurs. Dans la présente étude, des recherches sur des stratégies de gestion de la résistance aux pyréthrinoïdes des vecteurs du paludisme combinant les moustiquaires imprégnées de deltaméthrine à longue durée d’action (MILD) et le bendiocarb en aspersion intradomiciliaire (PID) ou en imprégnation de bâches murales (BI) ont été menées.

Matériel et méthodes

Dans un premier temps au laboratoire, il a été évalué l’efficacité et la résistance aux lavages de 4 différents supports imprégnés de bendiocarb. L’efficacité de la MILD seule ou en combinaison avec la PID ou la BI a été ensuite évaluée en cases expérimentales. Enfin, l’impact sur la transmission du paludisme, l’infection et la maladie palustre chez les enfants de moins de 5 ans, et sur la résistance des vecteurs de ces combinaisons a été évalué à travers un essai contrôlé randomisé dans 28 villages au sud du Bénin (population d’environ 14 000 personnes) où la résistance des vecteurs aux pyréthrinoïdes est modérée. Quatre stratégies de lutte antivectorielle ont été mises en place :

i) une couverture sélective en MILD des enfants de 0 à 5 ans selon les recommandations du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) (bras PNLP, témoin) ;

ii) une couverture universelle en MILD (bras MILD) ;

iii) une combinaison de la couverture universelle en MILD avec des bâches murales régulièrement imprégnées tous les 4 mois de bendiocarb à la dose de 200 mg/m² ; les doses recommandées par l’OMS pour l’application du bendiocarb en aspersion intradomiciliaire étant 100 à 400 mg/m² (bras MILD + BI) ;

iv) une combinaison de la couverture sélective en MILD avec la PID annuelle de bendiocarb à la dose de 400 mg/m² (bras PID).

Résultats

i) Au laboratoire, le polypropylène a été le meilleur support en termes de résistance aux lavages avec une mortalité de 100% de la souche sensible de Anopheles gambiae Kisumu au bout de 10 lavages.

ii) En cases expérimentales, les résultats ont montré le bénéfice de combiner deux classes d’insecticides (pyréthrinoïde, carbamate) à travers des méthodes de lutte antivectorielle différentes (moustiquaires imprégnées, pulvérisation intradomiciliaire, bâche imprégnée) notamment dans un contexte de résistance des vecteurs à la fois aux pyréthrinoïdes, carbamates (et organophosphorés).

iii) Par contre, l’essai contrôlé randomisé n’a pas montré de bénéfice en termes de réduction de la transmission du paludisme, de l’infection et de la maladie palustre chez les enfants de moins de 5 ans de l’utilisation de telles combinaisons.

iv) En ce qui concerne la gestion de la résistance, quel que soit le traitement, la fréquence allélique de la mutation kdr a augmenté au cours des 18 mois d’étude (de 29% à 84% en moyenne). Toutefois, cette fréquence allélique a été significativement plus faible en fin d’étude dans le traitement MILD+BI (72%) que dans les 3 autres traitements (>86%).

v) Le taux de couverture des MILD a été satisfaisant (75%), mais le taux d’utilisation (46%) était bien inferieur au seuil fixé dans l’étude (70%).

Discussion et Conclusion

Les résultats de l’essai contrôlé randomisé peuvent s’expliquer par plusieurs facteurs comme des facteurs anthropo-sociologiques (perception et utilisation des traitements), opérationnels (effet résiduel du bendiocarb, couverture des bâches), biologiques (comportement des vecteurs) et épidémiologiques (faible niveau de transmission dans la zone d’étude).

Il mériterait maintenant de confirmer ou d'infirmer les résultats de cette stratégie dans un autre faciès entomologique (transmission et résistance de vecteurs) et épidémiologique afin de démontrer l'intérêt des ces combinaisons à l'échelle opérationnelle.

 

Mots clés : paludisme, Anopheles gambiae, gestion de la résistance, combinaison.