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Résumé

L’expansion de la résistance des vecteurs aux pyréthrinoïdes et le ralentissement des progrès obtenus récemment dans la lutte contre le paludisme en Afrique mettent en exergue le besoin urgent de déployer des stratégies complémentaires aux moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action (MILDA) pour accélérer la réduction du poids de la maladie. Les stratégies telles que le renforcement de l’Information, l’Education et la Communication (IEC), les pulvérisations intradomiciliaires (PID) et la lutte anti-larvaire (LAL) à base du Bacillus thuringiensis isralensis (Bti) sont disponibles mais le réel bénéfice de leur utilisation en combinaison aux MILDA reste à démontrer. L’objectif principal du présent travail a été de mesurer l’impact additionnel de ces trois stratégies sur la transmission des Plasmodium spp. à travers un essai contrôlé randomisé mené dans 28 villages du district sanitaire de Korhogo, au Nord de la Côte d’Ivoire, une zone de résistance des vecteurs aux pyréthrinoïdes. En amont du déploiement de ces interventions, mon travail de thèse a d’abord permis 1) l’étude de l’efficacité d’une nouvelle formulation de larvicide en conditions semi-contrôlées ; 2) l’étude de la bionomie des anophèles vecteurs, des mécanismes de résistance aux insecticides et de la transmission des Plasmodium spp. et 3) l’identification et la caractérisation des gîtes larvaires d’anophèles dans la zone d’étude. Le suivi post-intervention a permis de montrer 1) une réduction de la densité agressive des vecteurs (69%) cinq mois après le démarrage de la stratégie IEC, de l’indice sporozoïtique (84%) et du taux d’inoculation entomologique (TIE) (86%) dans le bras MILDA + IEC par rapport au bras MILDA seules ; 2) une réduction de la densité agressive des vecteurs deux mois (71%) et quatre mois (69%) après la mise en place de la PID puis du TIE (61%) dans le bras MILDA + PID par rapport au bras MILDA seules ; 3) une réduction de la densité agressive des vecteurs (95%) trois mois après le démarrage de la LAL et du TIE (88%) dans le bras MILDA + LAL par rapport au bras MILDA seules. Ces résultats montrent que les stratégies IEC, PID et LAL sont des stratégies complémentaires efficaces pour réduire l’intensité de la transmission à Korhogo. L’analyse des données épidémiologiques de l’essai permettra de mieux apprécier le bénéfice additionnel de ces stratégies sur le poids du paludisme.

Mots clés : paludisme, lutte antivectorielle, évaluation, stratégies complémentaires, Côte d’Ivoire

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