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Résumé

Les méningites bactériennes restent un problème de santé publique internationale avec un fardeau principalement localisé en Afrique. Elles sont principalement dues à trois bactéries : Neisseria meningitidis (Nm), Streptococcus pneunomiae (Sp) et Haemophilus influenzae type b (Hib), le rhino-pharynx de l’homme étant la niche écologique des bactéries. La transmission est aérienne, directe, interhumaine ou par contact avec les sécrétions respiratoires du malade ou du porteur sain.
Alors que la ceinture de la méningite qui s’étend du Sénégal jusqu’à l’Ethiopie, est largement étudiée, l’écologie des méningites en dehors de cette zone particulière est encore peu connue. L’objectif de cette thèse est d’explorer l’écologie des méningites bactériennes en République démocratique du Congo (RDC) à partir des données épidémiologiques, génétiques et socio-environnementales pour la période de 2000-2018.
En dépit du faible taux de confirmation biologique des cas (14%), nous avons identifié des zones de santé à risque, regroupées en 8 clusters spatiaux. Ces clusters nous ont permis de mettre en évidence une saisonnalité des méningites bactériennes peu marquée et variable d’une région à une autre en RDC, ce qui contraste avec les dynamiques décrites dans la ceinture de la méningite.
Les zones urbanisées où les populations montrent un indice économique de bien-être médiocre à bas, de latitude et de longitude élevées, d’altitude moyenne à faible, de végétation constituée de savanes ou de savanes arborées, à valeurs moyennes de température, constituent autant de facteurs de risque importants, seuls ou en synergie, pour expliquer les cas de méningites en RDC.
La distribution d’aérosols et de poussières sur le territoire congolais précède d’environ 2 à 3 semaines les démarrages épidémiques de méningites bactériennes, et ce pour deux catégories de regroupements mensuels (i.e. décembre à février et mai à septembre). Ces résultats laissent préfigurer une possibilité de mise au point d’un système d’alerte précoce. Au final, nous proposons un modèle conceptuel explicatif des méningites en RDC dont le rythme d’apparition des premiers cas est bien régulé par les déplacements de poussières et d’aérosols sur le pays.
La reconnaissance de méningites bactériennes comme priorités internationales notamment en dehors de la ceinture dont les caractéristiques restent encore à mieux comprendre, pourrait contribuer à l’atteinte des objectifs du développement durable, et plus particulièrement de ceux qui concernent l’ODD 3 « santé et bien-être pour toutes et tous ».


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