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Résumé

L’évolution de la résistance aux insecticides chez les moustiques responsables de la transmission de maladies infectieuses compromet notre capacité à contrôler ces populations de vecteurs et pose de graves problèmes de santé publique. Mais les nombreuses modifications physiologiques associées au phénomène de résistance aux insecticides pourraient altérer l’épidémiologie de ces maladies de manière plus indirecte en modifiant la capacité vectorielle des moustiques. Afin d’étudier cette question nous avons mis en place au laboratoire un nouveau système expérimental composé du parasite aviaire Plasmodium relictum SGS1 et de son vecteur naturel le moustique Culex pipiens. J'ai ainsi pu analyser l’effet de différents allèles de résistance aux insecticides (représentant deux mécanismes principaux i.e. la résistance métabolique ou la modification de la cible) sur une série de traits d’histoire de vie du parasite et du moustique. L’impact de ces différents allèles a été considéré d’une part, dans les conditions contrôlées de leur expression dans un même fond génétique (en utilisant plusieurs souches de moustiques isogéniques), et d’autre part, dans les conditions plus réalistes de leur expression dans un fond génétique hétérogène (utilisation de moustiques échantillonnés sur le terrain). Ces travaux ont permis de montrer que la résistance aux insecticides a des effets pleïotropes sur l’immunocompétence et les traits d’histoire de vie des moustiques. Son effet sur le développement de Plasmodium semble en revanche limité. Je discuterai d’une part, de la nécessité de poursuivre une approche multifactorielle (impliquant la physiologie, l’immunité et le comportement des moustiques) afin de mieux comprendre l’impact de la résistance aux insecticides sur la transmission de Plasmodium, et d’autre part des perspectives intéressantes qu’offrent ce nouveau système expérimental pour l’étude de l’écologie évolutive des maladies à vecteurs.

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