Votre navigateur est trop ancien pour afficher correctement ce site. Ceci en est la version simplifiée.

 

 

Résumé

En Afrique de l’Ouest, le moustique An. gambiae s.s vecteur majeur du paludisme est subdivisé en deux formes mo léculaires, M et S, généti quement et écologiquement différenciées. La forme moléculaire M se déve loppe préférentiellement dans des collections d’eau pérennes en zone aride, généralement d’origine anthropique, pe rmettant sa présence tout au long de l’année alors que la forme S se reproduit principale ment dans des gîtes temporaires de savane humide dé pendant des précipitations et di sparaît en saison sèche. Cette subdivision génère des profils de dynamique de transmission palustre différents en fonction des zones où ces formes sont implantées. Dans ce contexte, cette thèse a pour objectif l’étude des facteurs écologiques de diffé renciation entre M et S, en se focalisant notamment sur leur écologie larvaire, afin de mieux appréhende r leur distribution act uelle et future. L’étude de la distribution de s populations naturelles de ces vecteurs dans une zone d’endémie palustre au Burkina Faso a permis de mettre en évidence que les niches écologiques de ces deux formes sont en étroite corrélation avec la temporalité des milieux aquatiques et la complexité des écosystèmes qu’ ils hébergent. La forme M apparaît clairement liée aux habitats permanents anthropiques et à la structure des communautés qu'ils soutiennent alors que la forme S ainsi que l’espèce jumelle An. arabiensis sont associées aux habitats simples et temporaires, majoritairement retrouvés en zone rurale de savane. Cette distribution des deux formes le long d’un gradient d’hydropé riode est en accord avec les interactions dominantes et les adaptations qu’elles i nduisent afin de pouvoir exploiter ces milieux. La forme S, associée aux milieux temporaires, s’est révélée plus compétitive que la forme M en diminuant son temps de développ ement larvaire en présence de compétiteurs (forme M). L’étude de la pressi on de sélection due à la prédation, interaction dominante dans les milieux permanents, démontre que la forme M est moins susceptible que la forme S. L’analyse du comportement larvaire a permis de mettre en évidence des différences entre ces deux formes, notamment l’existence d’un compor tement plus plastique chez la forme M qui réduit son activité en présence d’un prédateur. Ce mécanisme est une des adaptations qui a favorisé le succès d’ An.gambiae dans les milieux permanents. Notre approche, basée sur l’écologi e larvaire des formes M et S d’ An. gambiae nous a permis de mieux comprendre les processus par lesquels ces vect eurs ont évolué et se sont adaptés à différents contextes écologiques. Ces ad aptations reflètent la spécialisation de ces deux formes dans leur milieu respectif et permettent en partie d’expliquer la ségrégation écologique observée sur le terrain. L’amélioration de nos connaissance sur la bio-écologie de ces vecteurs est primordiale afin d’en apprécier le potentiel évolutif dans le contexte actuel des changements globaux. Mots clés : Anopheles gambiae , écologie larvaire, niche écolo gique, hydropériode, adaptation, compétition, prédation, plasticité phénotypique.

Retour