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Résumé

Les phlébotomes sont des insectes hématophages appartenant à la famille des Psychodidae et à la sous-famille des Phlebotominae. Cet insecte diptère, jaunâtre, relativement petit (2 à 3 mm) peut transmettre différents pathogènes dont les principaux sont les leishmanies et les phlébovirus.
Ce travail de thèse est focalisé sur les phlébotomes vecteurs de la leishmaniose. Les leishmanioses sont des maladies parasitaires causées par un protozoaire du genre Leishmania. Elles touchent un large panel d’hôtes vertébrés, dont l’homme et le chien. Elles sont toujours un problème de santé publique majeur dans de nombreux pays et sont actuellement en expansion. Bien que cette maladie soit largement étudiée, nous avons encore beaucoup à apprendre sur son vecteur. Par exemple, l’organisation des populations dans les écosystèmes et les paramètres qui les structurent sont, à l’heure actuelle, très peu étudiés.
Dans ce contexte, le but de cette thèse est d’étudier l’écologie et la structure des populations de phlébotomes dans un foyer connu de leishmaniose et l’impact des facteurs biotiques et abiotiques sur leur organisation. Pour atteindre cet objectif, nous avons réalisé une collecte de phlébotomes le long d’un transect de 14km localisé dans la région de Montpellier, présentant une diversité altitudinale, climatique et environnementale. Cette aire d’étude a été choisie en raison de la disponibilité de données collectées il y a plus de 30 ans par Rioux et al. (1980). Les populations de phlébotomes ont été caractérisées d’un point de vue taxonomique, spatio-temporel, génétique (microsatellites), et morphométrique (morphométrie géométrique). Les résultats génétiques, morphométriques et de distribution des espèces ont été ensuite confrontés à des paramètres climatiques (température, humidité) ou environnementaux (altitude, versant, station, micro-habitat).
Durant ce travail, 4 espèces ont été capturées : Phlebotomus ariasi (93,23%), P. perniciosus (0,48%), P. mascittii (0,11%) et Sergentomyia minuta (6,18%). Parmi ces espèces, P. ariasi est le vecteur majeur local de Leishmaniose. Elles ont une activité saisonnière de Mai à Octobre avec un pic d’abondance en Juillet-Août quand les températures moyennes sont optimales pour les phlébotomes (20-30°C). Bien que l'environnement ait été relativement transformé dans notre zone d'étude en 30 ans, l'abondance des phlébotomes ne semble pas avoir changé de façon significative, soulignant leur capacité d'adaptation aux modifications de l'écosystème à court et long terme. La présence et l’abondance des deux espèces prédominantes (P. ariasi et S. minuta) sont significativement influencées par l’altitude, la température, l’humidité relative, le versant ainsi que l’orientation des murs.
Les analyses génétiques et morphométriques n’ont été réalisées que sur P. ariasi pour des raisons d’effectifs. Les analyses génétiques montrent que la diversité est conservée à toutes les échelles d’études et qu’il existe une structuration des phlébotomes en populations micro-géographiques. Les données de géométrie morphométrie révèlent un dimorphisme sexuel bien connu chez les insectes mais également une structuration phénotypique en fonction des facteurs climatiques et environnementaux (mois, versant, altitude et station).
Ces deux types d’approches permettent, grâce à leur complémentarité, d’apporter des informations sur l’écologie et l’organisation des populations de phlébotomes à une échelle locale et de discuter des conséquences sur la transmission de la leishmaniose.

Mots clés : Phlébotomes, Structure micro-géographique des populations, Plasticité phénotypique, Microsatellites, Géométrie morphométrique, Ecologie, Leishmaniose, France.

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