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Résumé

La transmission à l'homme du parasite de la maladie de Chagas, Trypanosoma cruzi, est due principalement à l'activité de quelques espèces de grandes punaises hématophages, les Triatominae (Hemiptera: Reduviidae). Ces quelques espèces sont très répandues et sont importantes dans le maintien de l'endémie car elles vivent en étroite association avec l'homme. C'est leur anthropisation, qui fait l'essentiel de leur signification épidémiologique, de leur capacité vectorielle. Pourtant, il est d'observation courante devoir des espèces sylvestres, dont certaines sont peu connues, tenter d'établir des colonies intradomiciliaires. A ce jour, aucun critère, ni génétique ni environnemental, n'existe pour juger du danger (de domestication) représenté par telle ou telle espèce.

Nous avons examiné l'espèce qui dans notre pays, la Colombie, est considéré comme une menace potentielle, Rhodnius pallescens. En Colombie, cette espèce reste confiné aux palmiers et semble échouer dans ses tentatives de colonisation domiciliaires. Est-elle inapte à s'adapter? Nous nous sommes intéressés aux paramètres métriques de la plasticité phénotypique déjà recensés chez les vecteurs avérés de la maladie de Chagas: principalement une diminution de taille en milieu domestique. Pour examiner non seulement la moyenne mais aussi la variance de la taille, nous mettons à disposition un logiciel développant des tests non-paramétriques adaptés. Chez R. pallescens, nous confirmons que la diminution de taille semble typique du passage d'un milieu stressant, instable, de faible valeur nutritive, à un milieu stable et riche en source de sang, et qu'elle paraît systématique, valable d'une espèce à une autre, d'un genre (Rhodnius) à un autre (Panstrongylus). Nous mettons en évidence l'importance de l'interaction entre la densité des populations et la fréquence d'alimentation: c'est cette interaction qui rend compte de la diminution de taille, et non l'un de ces facteurs pris séparément. Les expérimentations réalisées sur des lignées isofemelles soulignent l'influence du génotype sur la réponse plastique de l'insecte, et suggèrent que la domestication pourrait ne pas être un attribut de l'espèce, mais plutôt d'un ou de plusieurs génotypes.

Ainsi, la domestication serait en fait une affaire de chance, une rencontre entre un génotype, un milieu et des conditions favorables. Ces dernières sont liées au coût de la plasticité phénotypique. Les génotypes les plus aptes à la domestication seraient ceux qui assurent le mieux un équilibre entre les avantages adaptatifs et les coûts de la plasticité en réponse à des changements de milieu. Nos modèles de laboratoires nous permettent de suggérer qu'en Colombie, le poulailler est une porte d'entrée pour R. pallescens en milieu domestique. Dans les villages colombiens, si l'on veut détecter une domestication rampante, le poulailler doit être examiné au même titre que le domicile. C'est la recommandation que cette thèse peut nous amener à faire au Ministère de la Santé en Colombie.



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