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Résumé

Le cancer est une pathologie caractérisée par la transformation de cellules de l’organisme, et leur prolifération incontrôlée aux dépens de l’organisme. Elle peut toucher tout tissu de l’organisme, et menacer la survie des patients à terme. Ce phénomène est souvent interprété comme une dégénérescence de l’organisme au cours du vieillissement, mais ce paradigme ne suffit pas à embrasser toute la complexité de cette maladie. En effet, la progression cancéreuse est basée sur des mutations qui nourrissent une prolifération différentielle des cellules, et elle peut donc être décrite par une dynamique écologique et évolutive. En outre, les manifestations du cancer sont extrêmement répandues dans tout le vivant, et peuvent être attribuées à l’émergence des organismes multicellulaires il y a un milliard d’années. Le cancer a donc toujours représenté une contrainte sur l’évolution des organismes. La compréhension globale du cancer nécessite donc d’élucider comment les dynamiques éco évolutives intra- et inter-organisme s’influencent mutuellement au cours des temps évolutifs. A l’aide de conceptualisation et d’approches théoriques, nous montrons qu’une approche multi-échelle offre de nouvelles perspectives sur les processus écologiques et évolutifs impliqués dans le cancer. A l’échelle intra-tumorale, nous nous concentrons sur les interactions entre cellules cancéreuses et au rôle structurant que ces interactions peuvent avoir dans les écosystèmes tumoraux. Nous montrons notamment que la fréquence des interactions diminue la diversité clonale durant l’expansion tumorale. A l’échelle populationnelle, nous formulons et explorons une hypothèse sur l’origine de la forte fréquence des cancers héréditaires : les défenses anti cancer sélectionnées dans les environnements cancérogènes pourraient compenser la progression cancéreuse, et donc autoriser la persistance d’allèles pro-oncogéniques à l’équilibre mutation-dérive. Nous considérons enfin les interactions réciproques entre évolution des organismes et évolution des cellules cancéreuses : spécifiquement l’évolution emboîtée de la résistance et de la tolérance au cancer, et l’évolution de stratégies de manipulation de l’hôte chez les cellules cancéreuses. Nous montrons notamment que l’évolution intra individuelle favorise la tolérance, tandis que l’évolution inter-individuelle favorise la résistance.

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