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Résumé

Le moustique tigre Aedes albopictus, pur produit de la mondialisation, s’est installé en Europe dans les années 1970s, et en région PACA en 2004, grâce au transport intercontinental de ses œufs, capables de résister à la dessiccation et d’effectuer une diapause. Ce moustique est capable de transmettre 27 virus comme la dengue, zika et chikungunya. Le premier objectif du présent travail a été l’étude des aspects biologique d’Ae. albopictus dans son milieu naturel dans une région où il s’est implanté depuis plus de 10 ans, à Nice au sud-est de la France. Nous avons utilisé différentes méthodes de captures : les pièges pour adultes BGs ®, les pièges pondoirs avec une infusion de foin pour la récolte des œufs ainsi que la capture sur Homme, afin d’apprécier la densité de ce moustique, ses fluctuations spatiotemporelles et les taux de parturité des femelles. Les deux années de l’étude de la dynamique saisonnière ont montrés un début d’activité des moustiques au mois d’avril atteignant un pique d’activité en Juillet-Août et diminuant par la suite jusqu'à ce que l'activité a cessé au mois de novembre. Nous avons enregistré des taux de parturité élevées qui se sont stabilisés entre 0,52 et 0,71 entre le mois de juin et octobre respectivement. Ces taux de parturités indiquent un taux de survie élevé qui pourrait être encore supérieur à cause du comportement de skip oviposition des femelles Ae. albopictus. De plus nous avons mis en évidence un taux important de femelles gravides (jusqu’à 44 %) capturées sur Homme indiquant une prise de repas multiples durant un même cycle gonotrophique. L'objectif principal de ce travail a été d'évaluer l'efficacité des pulvérisations spatiales d’Ultra Bas Volume (UBV) d’insecticides, la principale méthode utilisée dans le cas de foyers urbains. La population locale d’Ae. albopictus a montré une forte sensibilité à la deltaméthrine (le seul insecticide homologué pour lutter contre les moustiques adultes en France) bien que les mâles ont été beaucoup plus sensible que les femelles. Une comparaison des résultats par application topique et par les tests en tube OMS a confirmé que cette différence a été due à la plus petite taille des mâles par rapport aux femelles. Durant six essais sur le terrain, on n’a obtenu aucun impact significatif des traitements UBV de deltaméthrine sur les femelles, bien qu'il y ait eu une réduction significative des mâles. En revanche, le traitement par thermonébulisation autour d’un petit groupe de maisons a permis une quasi-élimination (95%) des moustiques mâles et femelles. Ces résultats apportent un élément de réponse sur les stratégies à mener en santé publique. Enfin, l'efficacité de plusieurs formulations de peintures insecticides issues de la technologie de microencapsulation ont été testée dans des conditions de laboratoire et de terrain. Les résultats ont été encourageants et les tests ont démontré que les peintures à base d’organophosphorés ont une rémanence de 2 ans. Le but ultime était d'utiliser des pièges pondoirs traités avec ces peintures insecticides comme une méthode de contrôle: en théorie, cette méthode vise l’exploitation du comportement de skip oviposition qui oblige les femelles à déposer leurs œufs sur plusieurs gîtes différents augmentant la probabilité pour que celles-ci rencontrent un piège pondoir traité avec un insecticide. Dans un petit essai sur le terrain, cependant, aucun impact sur la population sauvage n’a été observé. Nous discutons de cette méthode ainsi que de son intérêt face à la menace toujours grandissante liée à la propagation continuelle d’Ae. albopictus à travers le monde.

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